Mission d’interprétation ponctuelle lors d’une garde à vue


Mission d’interprétation ponctuelle lors d’une garde à vue

En France, l’administration de la justice a l’habitude, comme les administrations de tous les pays, de s’adjoindre les services de spécialistes métiers qui sont inscrits sur une liste d’experts. Les Cours d’appel ont recours, par exemple, à des médecins-experts, à des généalogistes-experts, à des architectes-experts, à des traducteurs-experts et à des interprètes-experts. Ces différents experts ont rempli un dossier, ont été retenus et ont prêté serment pour figurer sur cette liste. Chaque cour d’appel dispose de sa propre liste.

Or il arrive que les experts inscrits dans le ressort d’une cour d’appel ne soient pas disponibles et que les services de la justice soient contraints de prendre des interprètes non assermentés mais qui ont les compétences nécessaires pour remplir la mission qui leur est confiée.

Cela a été le cas pour moi. Agissant pour le compte du Ministère de la justice, une gendarmerie située à plusieurs centaines de kilomètres de mon lieu de travail m’a convoqué pour servir d’interprète de français en espagnol. Les deux gendarmes, qui ont requis mon intervention pour l’audition d’un cambrioleur hispanophone ne parlant pas le français, m’ont fait prêter serment dans les locaux d’une gendarmerie près d’Évreux. Cette audition portait sur des faits commis dans le sud de la France.

Ma mission a commencé avec la prise de contact à la prison d’Évreux avec un détenu. Elle s’est poursuivie avec son extraction de cet endroit pour mener une audition dans cette gendarmerie. J’ai permis au prisonnier de comprendre les questions des gendarmes, aux gendarmes de comprendre et d’enregistrer les réponses du gardé à vue. Ce dernier a eu la possibilité de s’entretenir avec son avocat par mon truchement. J’ai fidèlement transmis les questions et réponses des uns et des autres, en insistant auprès du prisonnier sur l’importance et les conséquence des réponses qu’il fournirait à la gendarmerie. Je lui ai traduit tous les documents qu’il a signés ou refusé de signer, en conservant l’impartialité qui s’impose dans cette mission.

La connaissance et la maîtrise d’une langue étrangère ainsi que de la terminologie propre aux auditions d’auteurs présumés m’a permis d’être un auxiliaire de la justice qui aura rendu un service ponctuel et efficace pour la manifestation de la vérité.